Derniers Commentaires

Catégories

Syndication

  • Flux RSS des articles

Management

Vendredi 20 mars 2009
L'autre jour, j'étais au Mali, avec des copains, nous étions en excursion en pays Dogon. Après des heures de route improbable nous voilà au pied de la falaise, et notre guide nous dit que nous allons dormir ici. Parfait ! Nous sommes invités très cordialement chez des gens simples et chaleureux, un repas simple mais copieux, une nuit à la belle étoile avec les ânes qui braient à tue-tête, rien que du bonheur.

Ben, voilà que tu nous racontes tes vacances maintenant ? Vous avez raison, ce n'est pas le genre ici, alors patientez encore un peu !

Le lendemain, enchanté par ce pays magique et une soirée puis une nuit aussi vivante et émouvante, nous nous concertons pour savoir comment dédommager nos hôtes pour leur sympathique hospitalité. C'est à ce moment que notre guide s'approche de nous et nous annonce le tarif de l'étape. Patatras ! Je me souviens comme j'ai été frustré et déçu de ce retournement : moi qui croyais avoir été invité par nos hôtes, nous n'étions que de simples clients.

Oui bien sûr, il était légitime qu'ils soient dédommagés, mais le fait est que notre brève relation fût biaisée, ce qui était présenté comme une offrande était en réalité du business. J'aurais parfaitement compris que l'on me propose une soirée payante, il suffisait que je le sache avant... Bah, c'était il y a 20 ans, alors pourquoi en reparler maintenant ?

Bizarrement, mon amie Juliette m'a raconté récemment avoir vécu une situation analogue dans un contexte totalement différent. Au cours d'une soirée entre amis, elle fait la connaissance d'André. André est commercial dans une société de matériel de bureau. Il est sympa, André, et tous deux trouvent vite quelques sujets d'intérêts communs ! Alors à quelques semaines de là ils décident de reprendre la conversation et se donne rendez-vous dans un café. Juliette passe un moment très agréable à bavarder de choses et d'autres, et puis patatras ! André lui demande si elle peut l'aider à se faire référencer dans la société où elle travaille.

C'était donc ça ! Ha mais, ça change tout ! Comme en pays Dogon, il fallait annoncer la couleur avant, parce que là, Juliette se sens prise en otage. Car finalement elle n'est pas le représentant d'André, et à vouloir aller trop vite André vient d'anéantir d'un coup le capital de sympathie et de confiance qu'il avait commencé à construire... André a juste oublié le B.A-BA du réseau, ne jamais demander à quiconque ce qu'il ne peut donner sans être gêné. Et laisser le temps au temps : Juliette aurait sans doute recommandé André d'elle-même après avoir appris à lui faire confiance... Mais évidemment il aurait fallu être moins pressé. La confiance se donne, elle ne se prend pas.
Par Paul Jaillard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 décembre 2008
L'autre jour, mon ami Marc Traverson m'a invité à poursuivre une chaîne de blogs sur la question : quelle formation a le plus influencé ma vie ? Hé bien Marc, voilà une bonne question. A laquelle je répond, comme toi, que plus que de formations, c'est d'expériences, ou de rencontres, qu'il vaudrait mieux parler.

C'était mon premier job, mon premier manager, un garçon jeune et brillant qui débutait une carrière éclair chez Arthur Andersen. Il aimait à répéter des maximes de toute sorte, qu'il écrivait au feutre sur une page de papier listing et affichait dans son bureau. J'ai gardé en tête une dizaine de ces maximes. Je n'en ferai pas la liste ici, mais peut-être vous ferai-je part de quelques-unes au fil des jours. Pour aujourd'hui, je m'arrêterai à celle-ci :

Il est plus facile d'avoir tort avec tout le monde plutôt que raison tout seul.

Le monde fourmille d'illustrations de cette vérité. Il faut toujours une certaine assurance pour aller à l'encontre de l'opinion dominante.

Cela renvoie à un phénomène bien connu, et depuis longtemps. Sans remonter aux moutons de Panurge de Rabelais, Asch a montré en 1952 qu'un tiers des personnes sont prêtes à renoncer à leur certitude pour adopter l'avis dominant du groupe. Cette pression de conformité est très bien documentée par Devillard (1), et l' effet Asch est d'autant plus fort que l'estime de soi des individus est plus faible (2).

La pression de conformité, on la retrouve bien sûr au niveau des sociétés, sous une forme à peine différente : les choix des sociétés sont trop souvent dictés par les choix des autres sociétés du secteur. Et je ne parle pas des marchés financiers, dont le caractère moutonnier n'échappe plus à personne.

Et toi, ami lecteur, à quels exemples penses-tu ?

Pour finir, je passe le relai à Jean-Louis Richard, Questions de dirigeants, pour poursuivre cette chaîne...

(1) : Devillard, Dynamiques d'équipes
(2) : André et Lelord, l'Estime de soi
Par Paul Jaillard
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 10 décembre 2008
L'autre jour, Juliette m'a parlé des managers qu'elle a eu l'occasion de pratiquer dans sa société. Leurs styles de management se retrouvent dans la physionomie des réunions qu'ils ont avec leurs collaborateurs directs. Et Juliette a pris l'exemple de Pascal.

Pascal réunit son équipe tous les quinze jours. C'est l'occasion pour chacun de dire où il en est et d'évoquer les problèmes auxquels il est confronté. Au cours de ces réunions, chaque collaborateur s'adresse à Pascal, qui l'interroge, et parfois le crucifie pour l'instruction des autres. Pendant ce temps, les autres, justement, bayent aux corneilles ou font semblant de s'intéresser au sujet, mais en réalité, ils attendent simplement leur tour de passer sur le grill. C'est une sorte de point d'avancement individuel auquel chacun se livre en public.

Au début, Juliette avait pensé que l'attitude des collaborateurs de Pascal était une forme de passivité coupable. En réalité, l'équipe de Pascal gravite autour d'un chef autoritaire qui bloque l'initiative et décourage les propositions. A chaque suggestion, ou bien Pascal dit non, ou bien il réclame un volumineux dossier de justification, de sorte que chacun garde désormais ses idées pour lui. Privée d'espace de discussion, mise au pilori pour toute initiative jugée par Pascal non-conforme à la politique maison, l'équipe attend que Pascal décide. Pascal, peu sûr de lui, accumule les dossiers de justification pour se couvrir vis-à-vis de sa propre hiérarchie. Et il croit faire preuve d'autorité en se montrant autoritaire !

Le désintérêt que chacun manifeste en réunion vis-à-vis de l'activité des autres est réel, mais il est le résultat de l'attitude de Pascal. Son équipe est en morceaux, chacun effectue le service minimum, et Pascal se prive ainsi du plein engagement de ses collaborateurs et de la richesse de leurs propositions.

Par Paul Jaillard
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 23 mai 2008

L’autre jour, mon amie Juliette me parlait des personnages qui peuplent sa société. Je dis personnages car tels qu’elle les racontait, ils paraissaient sortis d’un roman. D’un roman inquiétant, mais d’un roman tout de même. Parmi sa galerie de personnages, j’ai particulièrement aimé son « imposteur ». Laissez-moi vous raconter à mon tour...

L’imposteur est un homme encore jeune, de taille moyenne, le cheveu court et frisé. Il reste parfaitement impassible en toutes circonstances, et s’arrange pour ne jamais exprimer une opinion claire. Ou mieux, il fait en sorte que ce qu’il dit puisse être interprété dans un sens ou dans un autre. Il s’appuie pour cela sur trois techniques de communication parfaitement rôdées.

La première technique est le paradoxe ou le double langage. L’imposteur exprime deux choses différentes dans son verbe et dans son geste. Par exemple, il lâche « c’est bien » en poussant un profond soupir. Vous êtes ainsi renvoyé à vos interrogations, et l’imposteur peut, à tout moment, prétendre que vous ne l’avez pas compris, ou au contraire, que oui, bien sûr, c’est bien ce qu’il disait !

La seconde technique est l’ellipse ou la phrase inachevée. L’imposteur laisse sa phrase en suspens, comme si la conclusion était évidente. Par exemple, après avoir écouté vos arguments, il conclut « compte tenu de ceci ou de cela, évidemment… ». Il se garde bien de dire ce que cet « évidemment » signifie, et vous laisse le soin de deviner ce qu’il pense, quitte à affirmer plus tard que vous n’avez pas saisi sa pensée.

La troisième technique est la parabole ou le poisson noyé. S’il vous vient à l’idée de demander « évidemment quoi ? », l’imposteur se lance dans une parabole compliquée, longue et docte, qui n’est pas en rapport direct avec le sujet, mais pas complètement à côté non plus. Après ces longues explications prononcées d’un air entendu, vous n’êtes pas plus avancé qu’auparavant. Mais il vous semblerait discourtois d’en redemander, le temps passe et vous commencez à être pressé d’en finir, et surtout, surtout, le discours est asséné avec une telle conviction que vous vous dites que peut-être, après tout, c’est vous qui êtes un peu demeuré.

L’imposteur joue son rôle de décideur, mais ne décide rien. Quand une décision est prise, de facto par les événements ou par le consensus qui s’établit en dehors de lui, il s’arrange simplement pour se l’approprier en répétant à qui veut l’entendre qu’il a pris une décision importante, le doigt levé en signe d’autorité, impavide et grave en signe de compétence. L’imposteur est un personnage de théâtre.

J’ai demandé à mon amie :
     - Mais dis-moi, Juliette, comment l’as-tu démasqué et qu’est-il devenu ?

Elle m’a répondu :
     - J’ai mis des années à m’en rendre compte, à force de recoupements et d’écoute attentive. Mon poste m’a permis de l’approcher d’assez près pour l’observer, tout en restant assez loin pour ne pas me trouver dans sa sphère d’influence. Mais je n’ai jamais pu convaincre quiconque de mon analyse, l’imposteur est fort apprécié de son patron, il sévit toujours et on parle même de promotion…

Ami lecteur, connais-tu, toi aussi, quelqu'un qui use du double langage, ne finit pas ses phrases et se lance dans de longues paraboles confuses ? Alors fuis-le !

Par Paul Jaillard
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 26 février 2008
L'autre jour, un petit homme a dit "casse-toi, pauvre con" à un badaud qui lui disait "ne me touche pas, tu me salis". Rien de bien remarquable à cela me direz-vous, des altercations comme cela il s'en produit des centaines tous les jours ! Vous avez tristement raison. 
 

D'ailleurs, les partisans du petit homme ont souligné le côté "humain" de sa réaction, et lui-même a renchéri en affirmant qu'il ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds. 
 

Certes. 
 

Mais son comportement lui a été inspiré par une émotion bien humaine elle aussi, et mal maîtrisée : la colère. 
 

Ami lecteur, peux-tu imaginer les conséquences de la colère mal maîtrisée du petit homme, debout dans la salle de commandement de notre force de frappe nucléaire ?

Par Paul Jaillard
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés