Mercredi 10 décembre 2008

L'autre jour, Juliette m'a parlé des managers qu'elle a eu l'occasion de
pratiquer dans sa société. Leurs styles de management se retrouvent dans la physionomie des réunions qu'ils ont avec leurs collaborateurs directs. Et Juliette a pris l'exemple de Pascal.
Pascal réunit son équipe tous les quinze jours. C'est l'occasion pour chacun de dire où il en est et d'évoquer les problèmes auxquels il est confronté. Au cours de ces réunions, chaque
collaborateur s'adresse à Pascal, qui l'interroge, et parfois le crucifie pour l'instruction des autres. Pendant ce temps, les autres, justement, bayent aux corneilles ou font semblant de
s'intéresser au sujet, mais en réalité, ils attendent simplement leur tour de passer sur le grill. C'est une sorte de point d'avancement individuel auquel chacun se livre en public.
Au début, Juliette avait pensé que l'attitude des collaborateurs de Pascal était une forme de passivité coupable. En réalité, l'équipe de Pascal gravite autour d'un chef autoritaire qui bloque
l'initiative et décourage les propositions. A chaque suggestion, ou bien Pascal dit non, ou bien il réclame un volumineux dossier de justification, de sorte que chacun garde désormais ses idées
pour lui. Privée d'espace de discussion, mise au pilori pour toute initiative jugée par Pascal non-conforme à la politique maison, l'équipe attend que Pascal décide. Pascal, peu sûr de lui,
accumule les dossiers de justification pour se couvrir vis-à-vis de sa propre hiérarchie. Et il croit faire preuve d'autorité en se montrant autoritaire !
Le désintérêt que chacun manifeste en réunion vis-à-vis de l'activité des autres est réel, mais il est le résultat de l'attitude de Pascal. Son équipe est en morceaux, chacun effectue le service
minimum, et Pascal se prive ainsi du plein engagement de ses collaborateurs et de la richesse de leurs propositions.
Par Paul Jaillard
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Publié dans : Management
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