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Lundi 24 décembre 2007
L'autre jour j'ai reçu un mail d'un ami, me demandant de le rejoindre sur un réseau social. Pas Linked-In, pas Viadeo, un autre, que je ne connaissais pas : Spock. Les réseaux sociaux fleurissent en ce moment comme les champignons après la pluie, alors, un nouveau que je ne connais pas, rien de bien extraordinaire à cela.

Ma curiosité n'ayant d'égale que celle de mon chat, je décide d'aller voir ce qui distingue ce nouveau venu. Je clique sur le lien.

Et c'est là que j'ai été étonné.

Parce qu'en arrivant sur le site de Spock, j'ai trouvé mon profil créé, avec mon adresse mail, quelques informations exactes (secteur d'activité, type de poste), et que j'ai reçu immédiatement un mot de passe pour me connecter.

Voilà un réseau qui arrive tard sur le marché des réseaux, mais il met les bouchées doubles et utilise les données déjà présentes sur le Web pour pré-alimenter votre profil. C'est quasiment du raccolage. Vous pouvez ainsi trouver un  lien vers votre profil Linked-In...

Autre particularité : Spock réalise une recherche sur le Web pour trouver des pages vous concernant, et les présente avec un bouton de "vote" qui permet de dire si oui ou non, la page vous concerne. J'ai ainsi retrouvé plusieurs pages parlant effectivement de moi, et une autre parlant de mon oncle qui porte les mêmes nom et prénom que moi : il m'a suffit de cliquer sur "Non" pour la faire disparaître des résultats de la recherche. Voilà qui est astucieux.

L'intérêt des réseaux sociaux est leur masse. Il est évident qu'un réseau d'un million de membres est plus intéressant qu'un réseau de 10 000 membres. Mais il faut commencer. Spock innove donc sur certains points : raccolage, utilisation du carnet d'adresses local, recherche web "apprenante". Se fera-t-il sa place au soleil ?
Par Paul Jaillard - Publié dans : Technologie
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Jeudi 29 novembre 2007

L'autre jour j'étais dans le métro. Rien de bien extraordinaire à cela, quoique, il n'y a pas si longtemps, certains souhaitaient que ce soit parfaitement banal. Bref, j'étais assis sur un strapontin, l'endroit que je préfère car quand il n'y a pas trop de monde on peut allonger les jambes.

Tout à coup, j'entend quelqu'un interpeller :

   - "Et toi qu'est-ce que tu fait pendant les vacances ?"

Voilà une bonne question. Je ne sais pas trop, et je réalise que les vacances de Noël, c'est dans un mois. Mais quand même qui peut poser cette question à la cantonnade ? à moi ? Je me retourne.

Derrière moi, à l'opposé, je vois une jeune femme, enfoncée dans la banquette, la tête appuyée sur la vitre du wagon, les cheveux noirs frisotés, les yeux noirs, plutôt jolie. L'air innocent de celle qui n'a pas fait de blague. Derrière moi, de dos, une femme d'un certain âge, à en juger par sa coiffure. C'est elle qui parle ensuite :

   - "Mais on s'en fiche de vos histoires !"

A qui parle-t-elle ? A cette remarque acidulée, la jeune femme affalée se redresse vaguement et lui lance un oeil torve. Ce faisant elle se tourne vers son aînée, vers moi par la même occasion et dévoile le téléphone portable qu'elle tenait collée entre la vitre et son oreille. Elle ne somnolait donc pas et c'est elle la coupable qui demandait à son interlocuteur invisible quels étaient ses projets de vacances.

S'ensuit une discussion entre les deux femmes, la plus branchée arguant que ce qu'elle disait n'avait rien d'intime, ce qui était vrai, et qu'elle ne dérangeait pas plus que si elle parlait avec un ami. Alors là, elle se trompe. Elle dérange plus, parce qu'instinctivement, elle parle plus fort au téléphone, et ensuite parce qu'une conversation ne fait pas de blancs : chacun parlant à tour de rôle, cela produit un murmure continu. Tandis qu'au téléphone, ses voisins ne bénéficient que de la moitié de la conversation.

Etait-ce une raison suffisante pour la villipender ? c'est devenu banal d'entendre des moitiés de conversations, et à part cette histoire de vacances, la jeune femme était plutôt discrète. En tout cas, cela m'aura distrait pendant le voyage, les distractions sont si rares sur la ligne 13 ! 

Par Paul Jaillard - Publié dans : Anecdotes
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Samedi 17 novembre 2007
L’autre jour j’étais en réunion. Un petit groupe d’une douzaine d’informaticiens de la société devaient travailler sur un projet commun dont j’étais le patron. Ils étaient répartis sur plusieurs sites français, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Un de mes collaborateurs avait organisé une formation sur le thème « comment travailler ensemble à distance ».
Le formateur était un Suisse élégant et souriant. Il allait passer une journée à nous asséner quelques évidences bien senties, le genre d’évidence qui va sans dire mais qu’il est toujours bon de rappeler. Exemple : sur un projet international, mieux vaut s’assurer que tous les protagonistes maîtrisent correctement la langue choisie pour la rédaction de la documentation. Cela paraît banal, mais bien que l’anglais soit communément considéré comme parlé par tous, du moins tous les informaticiens, l’expérience montre que ce n’est pas aussi vrai qu’on le voudrait.
Bref : en prévision de ce meeting, le service technique avait installé un switch pour que chacun puisse commodément consulter sa messagerie au travers du réseau. Oui, dans cette société, le WiFi n’a pas encore droit de cité.
La formation démarre, mais chose curieuse, pendant que notre Suisse parlait, tous les participants avaient l’œil rivé sur leur écran de portable, quand ils n’avaient pas les doigts posés sur le clavier. Il a fallu que je débranche le switch pour ramener le regard de tous sur le conférencier. Alors que la consultation de la messagerie et d’éventuelles réponses urgentes ne devraient occuper que les pauses, elles captaient l’attention de tous. Seul celui qui « bénéficiait » d’une carte 3G a pu continuer à s’occuper de ses mails : vive le progrès !
Miracle de la technologie, le mail –ou mél en français– est devenu pour beaucoup une telle attraction, pour ne pas dire une telle addiction, qu’il est devenu banal de voir des PC allumés en réunion, la majorité des participants totalement ailleurs, déconnectés de leurs voisins, mais connectés, oh combien, avec leurs collègues situés à quelques milliers de kilomètres de là. Mais alors pourquoi être venu en réunion ? Pour faire du tourisme à Paris ?
Le phénomène s’est encore accéléré avec l’arrivée de la messagerie instantanée. Le WiFi et maintenant la 3G le renforcent encore. Sans compter les technologies de « push » qui font vibrer votre Blackberry dès qu’un message s’échoue dans votre boîte aux lettres, c’est-à-dire en moyenne toutes les 5 minutes pour un cadre normalement constitué. Cette omniprésence ramène constamment l’utilisateur au court terme, pour ne pas dire à l’immédiat : répondre.
Nous en sommes au point que je me demande sérieusement si le mail apporte encore véritablement un quelconque gain de productivité, comme on le prétend parfois. N’est-ce pas le contraire, et le mail n’est-il pas plutôt devenu un mal nécessaire ?
Un mal, car il consomme aisément le quart du temps d’un cadre, l’empêchant de se livrer à la réflexion qu’on attend de lui, nécessaire, car on n’imagine plus, aujourd’hui, que chacun n’ait pas d’adresse de messagerie.
Le drôle de l’affaire, c’est que j’ai été l’un des plus ardents promoteurs de la messagerie dans ma société… C’était il y a 10 ans.
Par Paul Jaillard - Publié dans : Technologie
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Jeudi 8 novembre 2007
L'autre jour, l'actualité était à la montée du prix du baril de pétrole.

Les économistes sont divisés sur les effets de cette hausse ; certains pensent qu'elle est compensée par la faiblesse du dollar, d'autres que non. Mais globalement la plupart des gens s'inquiète de la hausse du prix de l'essence...

Au risque de choquer certains, je pense que la hausse du prix du baril de pétrole est à la fois inéluctable, bénéfique, et insuffisante.

Inéluctable car les réserves de pétrole sont limitées, et toute ressource limitée finit par se raréfier, et donc se renchérir. Cela prendra des années, cela connaîtra des hauts et des bas, il y aura quelques baisses, mais la tendance est à la hausse, qu'on se le dise !

Bénéfique car notre monde vit en sur-régime, gavé d'énergie bon marché, au point que des poires d'Argentine coûtent moins cher que des poires de France, que des flacons de parfums fabriqués en France partent en Thaïlande pour y être peint à la main et reviennent en France pour être commercialisés, ou que des salades françaises traversent les Alpes pour être lavées en Italie avant de revenir en France. La hausse du coût du transport mettra fin à cette gabegie, appelée gentiment "délocalisation".

Insuffisante car on le voit bien, la hausse actuelle n'a pas encore permis de modifier les comportements. Il faudra multiplier le prix du baril par 2, 5 ou même 20 avant que cela ne change.

Certes, la hausse du prix du pétrole aura des conséquences funestes, car elle provoquera des conflits armés.  La guerre d'Irak n'est le premier conflit d'une série qui n'est pas prête de se terminer.  Mais le phénomène étant inéluctable,  on peut seulement souhaiter que nos économies s'y apprêtent rapidement pour minimer les chocs et donc les tentations de conflit.
Par Paul Jaillard - Publié dans : Actualité
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