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Samedi 29 mars 2008
L'autre jour, je parlais cheval avec un ami. A cheval, le B A BA c’est de mettre son cheval « en avant, calme et droit », de façon à l’amener progressivement sur un équilibre « en arrière ». Bizarre, bizarre, me direz-vous, mais les gens de cheval ne sont pas à une contradiction –apparente– près. L’équilibre en avant, c’est celui du cheval de galop, encolure horizontale, croupe légère consacrée à la vitesse. Il est "penché" en avant comme un sprinter. L’équilibre en arrière, c’est celui des statues équestres, l’encolure relevée, la croupe basse portant le poids du cheval. Il se tient "droit" comme un danseur de tango. Quand le cheval est « en avant », il se porte en avant, mais, retenue par les mains du cavalier, l’impulsion se mue en élévation, ce qui provoque la prise d’équilibre « en arrière ». La course, en avant, le dressage, en arrière.

A La Faye, je montais souvent à la reprise du Samedi matin. Pendant cette heure d’équitation, je travaillais mon cheval de l’époque, Filou, avec toute la concentration possible… Arnaud était au centre de la carrière, guidant les uns, reprenant les autres, de sa voix calme et patiente. Arnaud ne criait pas. Il parlait. Pour un moniteur d’équitation, c’est assez rare pour être souligné. Tout en l’écoutant, je recherchais un meilleur équilibre, une position plus relevée de mon cheval et la cession de sa bouche.

Une reprise d’une heure, c’est parfois long, et il m’arrivait de rêvasser à d’autres choses, tout en tournant sur la piste ou en exécutant machinalement quelque figure. Je partais alors bien loin de la carrière, tout à fait ailleurs, absent. C’est en général à ce moment que j’entendais la voix calme d’Arnaud :

- Oui, Paul, c’est bien ce que tu fais…

Je ne lui ai jamais dit à quel point cela me vexait de l’entendre complimenter mon travail au moment précis où je cessais de travailler. Comme si mon application à bien faire provoquait plus de dégâts que de bienfaits. Comme si ma raison altérait mon intuition première…

Quand je disais que le dressage est un art. Un art de la patience, de la tendresse, de l'écoute, de la sensibilité et de l'intuition. Et finalement, le dressage, n'est-ce pas une bonne image du management ?
Par Paul Jaillard - Publié dans : Anecdotes
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Dimanche 16 mars 2008
L'autre jour, je faisais les petites annonces, rubrique offres d'emploi, car pour moi, à ce moment-là, c'était une saine occupation. Je suis tombé sur des perles. Parce que bien souvent, on recherche quelqu'un qui a du charisme, du dynamisme et de l'ambition, mais qui a déjà fait pendant 5 ans, dans le même secteur et avec la même équipe, le job qu'on va lui proposer pour les 5 prochaines années.

Si, si, c'est écrit comme ça !

Hé bien, puisque vous ne me croyez pas, vérifiez donc vous-même, ouvrez un journal quelconque proposant des annonces. Plutôt pour des postes de cadres quand même, parce que le charisme, on n'en demande pas aux caristes. Pas encore.

Et lisez. Dans bien des cas, le type qui a l'expérience demandée et souhaite faire ce qui est proposé ne peut pas avoir la personnalité exigée.
Par Paul Jaillard - Publié dans : Anecdotes
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Mardi 26 février 2008
L'autre jour, un petit homme a dit "casse-toi, pauvre con" à un badaud qui lui disait "ne me touche pas, tu me salis". Rien de bien remarquable à cela me direz-vous, des altercations comme cela il s'en produit des centaines tous les jours ! Vous avez tristement raison. 
 

D'ailleurs, les partisans du petit homme ont souligné le côté "humain" de sa réaction, et lui-même a renchéri en affirmant qu'il ne pouvait pas se laisser marcher sur les pieds. 
 

Certes. 
 

Mais son comportement lui a été inspiré par une émotion bien humaine elle aussi, et mal maîtrisée : la colère. 
 

Ami lecteur, peux-tu imaginer les conséquences de la colère mal maîtrisée du petit homme, debout dans la salle de commandement de notre force de frappe nucléaire ?

Par Paul Jaillard - Publié dans : Management
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Dimanche 24 février 2008
L'autre jour, un français petit a décidé que les petits français "porteraient" la mémoire d'un petit juif mort dans l'Holocauste. C'est invraisemblable qu'un français fasse, à lui tout seul, les programmes de l'Education Nationale. Comme il l'a déjà fait pour la lettre de Guy Moquet. Mais ce n'est pas cela qui m'étonne le plus.

Si j'ai bien compris l'intention du petit homme, il s'agirait de lutter contre l'antisémitisme. Il me semblerait plus judicieux, pour cela, de favoriser la compréhension des grandes religions par nos jeunes, du judaïsme au christianisme et jusqu'à l'islam. Dans le cadre d'un enseignement parfaitement laïque, cela pourrait prendre la forme de cours d'histoire des religions, enseignée tout simplement en cours d'histoire !

Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, les programmes de jumelages ont été créés pour favoriser la compréhension réciproque des peuples, notamment allemands et français. Cela a plutôt bien marché. C'est une démarche humaine, tournée vers l'avenir, qui permet à des vivants de se connaître et de lier des liens d'amitié. Alors, jumeler nos villes avec des villes israëliennes ? Ce n'est pas évident, car l'état Hébreu est le seul état au monde à représenter une religion plus qu'un peuple.

Quoiqu'il en soit, continuer de se flageller et d'évoquer le judaïsme, ou la judaïté, au travers de l'Holocauste, en regardant cette horreur dans son rétroviseur, je ne trouve pas cela très constructif !
Par Paul Jaillard - Publié dans : Actualité
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Dimanche 10 février 2008

L'autre jour, je discutais avec une amie du bien-fondé du catéchisme pour les enfants.

Elle était non-croyante, et d'avis de ne rien enseigner de la religion à ses enfants pour, disait-elle, qu'ils puissent choisir librement de croire ou non.

C'est un point de vue. Mais à mon avis c'est une triple erreur :

 

  • Ne rien enseigner à ses enfants, c'est les exposer aux dérives sectaires qu'ils pourraient rechercher n'ayant pas eu de modèle.
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  • Comment imaginer que des adultes puissent choisir librement de croire ce qu'ils ne savent pas ?  "Et comment croire en lui sans l'avoir écouté ?" (Lettre aux Romains, 10, 14). Pour avoir le choix, il faut connaître les termes de l'alternative : la foi, ou la non-croyance.
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  • Enfin, et à mon sens c'est presque l'essentiel, qui ne connaît pas le christianisme ne peut comprendre le monde où nous vivons. Le christianisme a -c'est une évidence- profondément marqué notre civilisation, dont les codes sont chrétiens. Et une grande partie du monde non-chrétien a été, de même, marqué, ou au minimum influencé, par la culture occidentale et chrétienne.

 

Par Paul Jaillard - Publié dans : Anecdotes
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