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Lundi 21 juillet 2008
L'autre jour, Juliette me racontait la mise en place d'une procédure électronique d'achat dans sa société.

Pour un contrôle efficace des dépenses, le département Achats avait mis en place des plafonds de dépenses très bas, utilisables par les seuls chefs de services. Alain était l'un d'eux. Alain avait tenté sans succès de négocier un relèvement des plafonds, ou au moins l'accord du département Achats pour ouvrir des accès à ses collaborateurs. Rien n'y fit : contrôle, contrôle !

Soucieux d'efficacité, Alain décida de ne plus passer ses journées à faire lui-même les demandes d'achat de tout son service : il donna son accès à ses collaborateurs, pour que chacun puisse gérer les demandes d'achats de ses projets. Après quelques semaines, Alain était interpellé par le département Achats, surpris de constater qu'Alain faisait parfois plus de 10 demandes par jour, même en vacances...

Après discussion, la procédure fut assouplie : les collaborateurs d'Alain peuvent maintenant passer eux-mêmes leurs commandes, avec des niveaux de délégations adaptés.

C'est tout le problème des contrôles : trop mous, ils sont inefficaces. Mais trop stricts, ils ne sont pas plus efficaces, car les collaborateurs gênés par les contrôles cherchent à les contourner, souvent avec succès. Il faut trouver le juste milieu, acceptable par les collaborateurs... et compris par eux.

Les contrôles ne sont-ils d'ailleurs pas mieux acceptés quand ils sont mieux compris ?
Par Paul Jaillard - Publié dans : Technologie
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Samedi 28 juin 2008

L'autre jour, j'étais à un enterrement, et plus précisément à une messe d'enterrement. Rien de bien palpitant il faut bien le dire, mais cela fut l'occasion d'une surprise. Pendant la lecture de l'Evangile, cette petite phrase que Jean met dans la bouche du Christ a retenu mon attention :


     - Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ignore ce que fait son maître


J'ai trouvé cette phrase terriblement moderne. Car combien de managers, tenant leurs collaborateurs dans l'ignorance de leurs intentions, en font-ils leurs serviteurs ? Que ce soit par étourderie ou par manque de temps n'y change rien : le serviteur ignore ce que fait son maître...

Cela m'a fait penser à ce que mon amie Juliette me disait de sa société : la stratégie, les intentions du top management y sont tenues secrètes, la communication est confisquée par le service... "Communication", bien mal nommé, de crainte que des informations stratégiques ne sortent de la société.

Et toi, ami lecteur, sais-tu bien ce que fait ton patron ? As-tu le sentiment d'être son collaborateur ou son serviteur ?

Par Paul Jaillard - Publié dans : Anecdotes
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Jeudi 29 mai 2008

L'autre jour, la justice a annulé un mariage pour "erreur sur une qualité essentielle du conjoint". Voilà qui est un vrai progrès. En somme, un contrat de mariage, c'est comme un contrat de vente, entre la famille de la mariée et le mari. Le mari paye la dot (c'est de plus en plus rare hélas, nous sommes à l'époque du tout-gratuit !), il a droit à une marchandise de qualité, non avariée, et en tout cas, pas une occasion de seconde main. Il était temps que la justice le reconnaisse !

Ce que je n'ai pas saisi, c'est si la justice avait, dans sa grande sagesse, défini une période de garantie. Hé oui, de combien de temps l'époux dispose-t-il pour constater qu'il a été trompé sur les qualités essentielles de sa marchandise ? et à partir de ce moment, combien de temps pour la rendre ?

La justice aura aussi, sans nul doute, défini clairement ce que sont les qualités essentielles d'un conjoint : la virginité en est une semble-t-il, mais le SIDA ? l'hémophilie ? la fidélité ?

La bonne nouvelle pour les femmes, c'est que lorsque leur mari aura affirmé avant le mariage qu'il fait la vaisselle, qualité essentielle s'il en est, elles pourront dorénavant faire annuler ledit mariage si à l'usage, le mari révèle son aversion pour la vaisselle. Il suffira de prouver qu'il s'était vanté la faire, elle trouvera bien quelques témoins...

Amie lectrice, as-tu une idée du nombre de mariages qui pourraient être annulés parce que l'un ou l'autre époux a menti sur ses qualités essentielles ? Finalement, ne sera-t-il bientôt pas plus simple de faire annuler son mariage que de divorcer ?

Par Paul Jaillard - Publié dans : Actualité
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Vendredi 23 mai 2008

L’autre jour, mon amie Juliette me parlait des personnages qui peuplent sa société. Je dis personnages car tels qu’elle les racontait, ils paraissaient sortis d’un roman. D’un roman inquiétant, mais d’un roman tout de même. Parmi sa galerie de personnages, j’ai particulièrement aimé son « imposteur ». Laissez-moi vous raconter à mon tour...

L’imposteur est un homme encore jeune, de taille moyenne, le cheveu court et frisé. Il reste parfaitement impassible en toutes circonstances, et s’arrange pour ne jamais exprimer une opinion claire. Ou mieux, il fait en sorte que ce qu’il dit puisse être interprété dans un sens ou dans un autre. Il s’appuie pour cela sur trois techniques de communication parfaitement rôdées.

La première technique est le paradoxe ou le double langage. L’imposteur exprime deux choses différentes dans son verbe et dans son geste. Par exemple, il lâche « c’est bien » en poussant un profond soupir. Vous êtes ainsi renvoyé à vos interrogations, et l’imposteur peut, à tout moment, prétendre que vous ne l’avez pas compris, ou au contraire, que oui, bien sûr, c’est bien ce qu’il disait !

La seconde technique est l’ellipse ou la phrase inachevée. L’imposteur laisse sa phrase en suspens, comme si la conclusion était évidente. Par exemple, après avoir écouté vos arguments, il conclut « compte tenu de ceci ou de cela, évidemment… ». Il se garde bien de dire ce que cet « évidemment » signifie, et vous laisse le soin de deviner ce qu’il pense, quitte à affirmer plus tard que vous n’avez pas saisi sa pensée.

La troisième technique est la parabole ou le poisson noyé. S’il vous vient à l’idée de demander « évidemment quoi ? », l’imposteur se lance dans une parabole compliquée, longue et docte, qui n’est pas en rapport direct avec le sujet, mais pas complètement à côté non plus. Après ces longues explications prononcées d’un air entendu, vous n’êtes pas plus avancé qu’auparavant. Mais il vous semblerait discourtois d’en redemander, le temps passe et vous commencez à être pressé d’en finir, et surtout, surtout, le discours est asséné avec une telle conviction que vous vous dites que peut-être, après tout, c’est vous qui êtes un peu demeuré.

L’imposteur joue son rôle de décideur, mais ne décide rien. Quand une décision est prise, de facto par les événements ou par le consensus qui s’établit en dehors de lui, il s’arrange simplement pour se l’approprier en répétant à qui veut l’entendre qu’il a pris une décision importante, le doigt levé en signe d’autorité, impavide et grave en signe de compétence. L’imposteur est un personnage de théâtre.

J’ai demandé à mon amie :
     - Mais dis-moi, Juliette, comment l’as-tu démasqué et qu’est-il devenu ?

Elle m’a répondu :
     - J’ai mis des années à m’en rendre compte, à force de recoupements et d’écoute attentive. Mon poste m’a permis de l’approcher d’assez près pour l’observer, tout en restant assez loin pour ne pas me trouver dans sa sphère d’influence. Mais je n’ai jamais pu convaincre quiconque de mon analyse, l’imposteur est fort apprécié de son patron, il sévit toujours et on parle même de promotion…

Ami lecteur, connais-tu, toi aussi, quelqu'un qui use du double langage, ne finit pas ses phrases et se lance dans de longues paraboles confuses ? Alors fuis-le !

Par Paul Jaillard - Publié dans : Management
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Mercredi 30 avril 2008
L'autre jour, je discutais avec un ami qui venait de quitter sa société. En parlant de choses et d'autres, j'en viens à parler d'une base de données accessible par l'Internet à titre onéreux, et à laquelle il avait accès dans le cadre de son travail. Cette base de données lui serait, aujourd'hui, bien utile.

- Malheureusement je n'y plus accès, dit-il, ayant quitté la société, mon accès a été suprimé.
- Oui c'est évident. C'est du moins ainsi que cela aurait dû se passer, mais as-tu essayé ?
- Non, mais c'est sûr que non.
- Et bien, d'accord, l'accès a été supprimé, mais cela ne coûte rien de le vérifier !

Nous voilà sur son PC. Ouverture du navigateur, saisie de l'adresse Internet, accès à la page de connexion... Il sort un papier avec son profil et son mot de passe, tape les informations et fait "entrée" :

- Bienvenue, François, vous êtes connecté ! annonce le site
- Et voilà le travail, dis-je, tu n'as plus qu'à l'utiliser jusqu'à ce que quelqu'un, dans ton ancienne boîte, se souvienne de toi !

Ami lecteur, tu serais surpris de constater que les systèmes de sécurité, même les plus sophistiqués, se heurtent toujours au maillon le plus faible qui soit : un utilisateur ou un administrateur, qui, par négligence ou ignorance, laissera la porte blindée grande ouverte.
Par Paul Jaillard - Publié dans : Technologie
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